viernes, 28 de agosto de 2026

JOUER AVEC L'ENEIDE

LE DESTIN D'ÉNÉE




Personnages :

Le directeur de la troupe.

L'acteur incarnant Énée : prince troyen, héros marqué par le devoir et le chagrin.

L'actrice incarnant Didon : reine de Carthage, fondatrice de la cité, passionnée et fière.

Une autre actrice incarnant Bélinde : sœur de Didon, conseillère et bras droit.

Un acteur incarnant Achates : ami le plus fidèle d'Énée, soldat troyen réaliste et inébranlable.

Un autre acteur incarnant Iarbas : roi de Numidie, prétendant éconduit par Didon, jaloux et furieux.

Un acteur incarnant Mercure : messager divin.

Les acteurs incarnant les gardes d'Iarbas et les Troyens.

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Acte I : (Décor : la grande salle du trône de Carthage. À l'arrière-plan, des fenêtres laissent entrevoir une ville en construction. Didon est assise sur le trône. Bélinde est à ses côtés.)

Bélinde : (Montrant du doigt les fenêtres) Regarde, ma sœur. Les remparts s'élèvent, le port prospère. Carthage n'est plus un rêve d'exilés, c'est une réalité. Pourtant, ton regard se pose sur la mer avec tristesse.

Didon : (Soupire, elle se lève de son trône) Ce n'est pas de la tristesse, Belinda. C'est de l'émerveillement. Depuis que les flots ont amené le Troyen Énée sur nos rivages, mon cœur abrite une flamme que je croyais éteinte avec mon défunt époux Sychée.

Belinde : (Souriante) Pourquoi résister ? L'amour d'Énée n'est pas une faiblesse, c'est une alliance. Ses navires et ses guerriers protégeront nos frontières. L'Olympe te l'envoie !

(Yarbas entre brusquement par la droite, escorté de gardes. Son indignation est manifeste. Il trébuche, hésite, manque de tomber, et saisit Belinda.)

Belinda : Que fais-tu, Yarbas le féroce ?

Yarbas : (D'un ton arrogant et d'une voix forte) Je suis simplement tombé sur ce manteau, ma chère. Que voulez-vous que je fasse ?

(Le metteur en scène fait irruption sur scène par la gauche, vêtu de vêtements modernes.)

Metteur en scène : Ne sortez pas de votre personnage ! Ne sortez pas de votre personnage ! Comment voulez-vous que je vous le dise ?

Yarbas : Ces vêtements sont ridicules. Tout comme votre idée de jouer l'Énéide de Virgile pour commencer la nouvelle saison. Qui a bien pu inventer ça ? Qui ?

Metteur en scène : Vous avez vous-même dit que c'était une bonne idée, qu'Énée était un émigrant comme vous et que chacun pouvait apporter une touche personnelle à l'histoire.

(Énée entre par la gauche.)

Énée : J'ai passé plus de temps à traverser le désert qu'à traverser la Méditerranée en Zodiac. Je pense qu'il faudrait changer les origines d'Énée. Au lieu de partir de Turquie, on devrait dire que lui et ses compagnons ont quitté la Guinée, à bord d'un vieux camion, et adapter tout le texte pour raconter notre voyage jusqu'ici. 
Un garde de Yarbas : Je pense que l'idée du metteur en scène est meilleure, et c'est celle sur laquelle nous sommes tous d'accord. Respectons le texte, même s'il est brouillon. Nous avons tous traversé des épreuves. Le théâtre est un mensonge, mais un mensonge nécessaire. Le public sait bien que nous ne sommes pas des Troyens…

Le metteur en scène : Reprenons le travail. Je vous en prie, vous connaissez déjà le texte, et la pièce doit continuer comme si nous la jouions aujourd'hui. Je n'interviendrai que si des ajustements sont nécessaires. Tout le monde dehors, sauf les deux filles.

(Tout le monde sort, sauf Didon et Belinda, qui reprennent leurs places, et le metteur en scène)

Le metteur en scène : Belinde : « Pourquoi résister ? » (Il sort par la gauche)

Belinde : (Souriante) Pourquoi résister ? L'amour d'Énée n'est pas une faiblesse, c'est une alliance. Ses navires et ses guerriers protégeront nos frontières. L'Olympe vous l'envoie !

(Yarbas entre par la droite)

Yarbas : Reine Didon ! J'ai traversé le désert non pour voir votre cité prospérer, mais pour exiger des réponses. Vous avez refusé ma demande en mariage, prétextant un deuil éternel. Et maintenant, vous vous donnez à un vagabond sans abri ?

Didon : (D'un ton ferme et fier) ​​Pesez vos mots, roi Yarbas ! Je suis la reine de Carthage et je ne dois d'explications à aucun monarque étranger. Énée est un héros, pas un vagabond.

Yarbas : (Serrant les poings) C'est un exilé de Troie incendiée ! Profitez de votre idylle, Reine. Mais souvenez-vous que les royaumes voisins ne verront pas d'un bon œil cet affront. L'orage approche ! (Yarbas sort en trombe par où il est entré, suivi des gardes. Énée et Achate entrent par l'autre côté.)

Énée : (S'inclinant devant Didon) Belle Didon, je suis désolé si notre présence vous cause des ennuis avec vos voisins. J'ai vu la colère sur le visage de ce roi.

Didon : (D'une voix plus douce) Ne t'inquiète pas, Énée. Carthage est forte. Avec toi à mes côtés, je ne crains aucun ennemi.

Énée : (Prenant sa main) J'ai erré sur des mers hostiles en quête d'un foyer. Dans tes yeux, Didon, j'ai retrouvé la paix que les dieux m'ont volée à Troie.

(Achatès observe la scène en retrait, le visage grave et soucieux.)

(Un long silence s'installe ; ils se regardent tous. Le metteur en scène entre par la gauche.)

Metteur en scène : Achatès, que dis-tu ? 
Achatès : Je ne fais rien. Je regarde simplement Énée d'un air grave et soucieux jusqu'à ce que le rideau tombe, fin de l'acte I.

Metteur en scène : Mais lors de la répétition précédente, vous avez dit que Carthage se trouvait à Tunis et que vous y aviez passé deux ans, incapable de partir. Vous n'allez pas dire : « Nous, les Troyens, sommes dans cette ville depuis longtemps, Énée, deux ans de captivité. Nous devons poursuivre notre route. »

Énée : Nous lui avions dit de ne pas dire ça, sinon Didon se met à pleurer. Elle a été retenue captive à Tunis encore plus longtemps, et là…

Didon : Merde !

(Didon, cachant ses larmes, sort par la gauche)

------------------------------------------------Sombre---------------------------------------------------------------

Acte II : (Décor : Le camp troyen près du port de Carthage. On aperçoit des cordages et des pièces de bois. Plusieurs Troyens vaquent à leurs occupations. Achatès nettoie une épée. Énée entre, l'air pensif.)

Achatès : (Sans lever les yeux) Les hommes oublient la sensation du fer, Énée. Ils ne pensent qu'aux banquets de la reine et au vin de Carthage.

Énée : (Se défendant) Ils ont trop souffert, Achates. Ils méritent le repos. Carthage nous offre une nouvelle patrie.

Achates : (Se levant, résolu) Ce n'est pas notre patrie ! Les dieux ne nous ont pas sauvés des flammes de Troie pour devenir courtisans d'une reine phénicienne. Notre devoir est en Italie. Ton fils Ascagne devrait hériter d'un empire, et non des miettes de Carthage.

Énée : (Criant, frustré) J'en ai assez de fuir, Achates ! J'aime cette femme !

(Soudain, le ciel s'assombrit. Un vent violent se lève. Mercure surgit des ténèbres. Les Troyens se cachent, Achates tombe à genoux, se couvrant les yeux. Énée recule, effrayé.)

Mercure : (D'une voix divine et tonitruante) Énée ! Fils de Vénus, que fais-tu ici à perdre ton temps ? Bâtis-tu des palais pour les autres tandis que ton propre destin se perd dans l'oubli ? Le grand Jupiter m'envoie te rappeler ton sort !

Énée : (Tremblant) Messager des cieux ! L'amour m'a retenu…

Mercure : L'amour n'excuse pas la trahison de son propre sang. Si ta gloire t'est indifférente, pense à ton fils. L'Italie t'attend. Levez vos navires. Levez l'ancre dès cette nuit. La volonté de l'Olympe est incontestable ! (Mercure disparaît. La lumière revient. Énée se couvre le visage de ses mains, anéanti.)

Achatès : (Se levant, touchant l'épaule d'Énée) Les dieux ont parlé, capitaine. Je dois donner l'ordre aux hommes. Nous devons hisser les voiles en secret.

Énée : (D'une voix brisée) Fais-le, Achatès… Mais mon âme restera enfouie sur ces rivages.

Les Troyens (criant) : En Italie ! Et d'Italie à France !

Énée : La vérité, c'est que Carthage est devenue un piège à touristes européens, et aucun de nous ne voulait y rester. On nous traitait comme des lépreux… Nous voulions tous rejoindre l'Italie. Nous préférions mourir en mer que de mourir en Tunisie.

Mercure : Je ne crois pas que le Maroc ait été mieux. Combien de mes compagnons sont morts aux portes de Ceuta ? Combien sont morts, abandonnés dans le désert ? Nous voulions tous atteindre la côte espagnole. Mieux vaut mourir dans l'espoir que vivre dans le désespoir.

Metteur en scène : L'acte se termine sur le cri de l'équipage : « En Italie ! », s'il vous plaît. Nous n'ajoutons rien.

-------------------------------------------------Sombre---------------------------------------------------------
Acte III : (Décor : La terrasse d'un palais surplombant la mer. Il fait nuit. Didon entre, agitée, suivie de Belinde, qui tente de la calmer.)

Didon : (Désespérée) Je l'ai vu, Belinda ! Il y a du mouvement dans le port. Des torches éclairent les navires troyens. Il m'abandonne !

Bélinde : (Tentant de l'enlacer) Peut-être ne font-ils que sécuriser les navires contre la tempête, ma sœur. Énée t'aime ; il ne ferait pas une chose pareille.

(Énée entre lentement par la gauche. Son visage est empreint d'une profonde tristesse.)

Didon : (Se tournant vers lui, les yeux remplis de larmes et de rage) Regarde-moi dans les yeux et mens-moi, Énée ! Avais-tu prévu de fuir comme un voleur dans la nuit ? De bafouer mon honneur et de me laisser à la merci d'ennemis comme Iarbas ?

Énée : (La voix tremblante) Didon, je te jure sur ma vie que je préférerais rester ! Mais Mercure lui-même est descendu du ciel. Jupiter m'ordonne de partir. L'Italie est mon destin, non par ma propre volonté, mais par ordre divin.

Didon : (Avec mépris et chagrin) N'utilise pas les dieux pour justifier ta volonté ! Aucun dieu n'ordonne de briser un cœur qui t'a tout donné. Va. Traverse les eaux que j'ai ouvertes pour toi. Cherche ta terre promise. Mais sache que la fumée de mon chagrin te suivra par-delà l'océan.

Énée : (Fait un pas vers elle, tendant la main) Didon !

Achatès : (Apparaît à l'entrée gauche) Énée… le vent est favorable. Nous devons lever l'ancre maintenant.

(Énée regarde Didon une dernière fois. Elle lui tourne le dos. Énée se retourne et part rapidement avec Achatès sur sa gauche.)

(Le Directeur entre par la droite)

Directeur : Énée, reviens !

(Énée entre par la gauche)

Directeur : Encore un peu de temps pour douter. Tu dois choisir entre ton amour pour Didon et ton devoir envers ton équipage troyen.

Didon (l'interrompant) : Ça ne fait qu'empirer les choses pour cette pauvre femme abandonnée qui ne se remettra jamais de son amour pour un homme aussi magnifique… Franchement, à chaque fois qu'on arrive à ce passage, j'aime de moins en moins l'histoire. Pourquoi n'irais-je pas en Italie ? Qu'est-ce qu'il me reste en Tunisie ? Un royaume minable.

Metteur en scène : Du texte, du texte, du texte ! On ne va pas gâcher l'Énéide juste parce que c'est une histoire sexiste. Tu dois rester reine, amoureuse et abandonnée… Reprenons depuis l'entrée d'Énée.

(Énée et le Metteur en scène sortent)

Didon (prenant sa place) : Et l'histoire des dieux et de leur mandat divin ? Qu'est-ce qu'il a bien pu boire, celui-là, pour croire que Neptune est apparu ?

Bélinde : Mercure, c'est Mercure.

Didon : Tous les dieux sont les mêmes.

(Bélinde prend également sa place)

Didon : (D'un ton exagérément désespéré) Je l'ai vu, Bélinde ! Il y a du mouvement dans le port. Des torches brillent sur les navires troyens. Il m'abandonne !

Bélinde : (Tentant de l'enlacer avec de grands gestes) Peut-être qu'ils mettent simplement les navires à l'abri pour la tempête, ma sœur. Énée t'aime ; il ne ferait pas ça.

(Énée entre par la gauche ; tout est plus lent que la première fois.) 
Didon : (Se tournant lentement vers lui) Regarde-moi dans les yeux et mens-moi, Énée ! Pensais-tu fuir comme un voleur dans la nuit ? Bafouer mon honneur et me laisser à la merci d'ennemis comme Iarbas ?

Énée : Didon, je te jure sur ma vie que je préférerais rester ! Mais Mercure lui-même est descendu du ciel. Jupiter m'ordonne de partir. L'Italie est mon destin, non par ma propre volonté, mais par ordre divin.

Didon : N'utilise pas les dieux pour justifier ta volonté ! Aucun dieu n'ordonne de briser le cœur d'une femme qui t'a tout donné. Pars. Traverse les eaux que j'ai ouvertes pour toi. Cherche ta terre promise. Mais sache que la fumée de mon chagrin te suivra par-delà l'océan.

Énée : (Fait un pas vers elle, tendant la main, le corps courbé comme s'il avait mal au ventre) Didon !

Achatès : (Apparaît à l'entrée de gauche) Énée… le vent est favorable. Nous devons lever l'ancre maintenant.

(Énée regarde Didon une dernière fois et fait un pas vers elle. Elle lui tourne le dos. Énée recule, se retourne et sort lentement derrière Achatès, sur sa gauche.)

Didon : (Tomber à genoux. Belinde s'agenouille à côté d'elle pour la soutenir) Il est parti… Le froid de la nuit m'a transpercée. Belinde, prépare un bûcher dans la cour. Je brûlerai chaque vêtement, chaque présent, chaque souvenir que ce traître a laissé derrière lui.

Belinde : (En pleurs) Ma sœur, ayez pitié de vous…

Didon : (Regardant le public avec une intensité tragique) Que ma mort soit le signal qui maudit leurs navires. Que jamais la paix ne règne entre nos peuples ! Qu'un vengeur éternel renaisse de mes cendres !

(Les lumières s'éteignent lentement tandis que les bruits du vent, des vagues et d'un tambour funèbre emplissent l'air.)

Metteur en scène (entrant) : Bien, bien ! Je pense que c'est bon maintenant. Il nous faut trouver d'autres répliques pour les gardes d'Iarbas et pour l'équipage troyen. Quelqu'un a-t-il une idée ?

(Tous les acteurs entrent des deux côtés, certains déjà en civil, d'autres à moitié habillés.)

Énée (en civil) : Je suis pressé ; je dois aller au bureau d’emploi  demain matin.

Didon : Je ne peux pas venir à la prochaine répétition ; j'ai trouvé un boulot ce jour-là. Je suis désolée. Je trouve la pièce bonne, mais je n'aime vraiment pas cette fin. Il faut le changer.

(Le rideau tombe.)

FIN

martes, 18 de agosto de 2026

AMIGOS

 Hay amigos que están ahí, en el fondo del armario, no te los pones todos los días, de vez en cuando los buscas para pedirles un favor siempre, les llamas, quedas a tomar algo, así os ponéis al día de vuestras peripecias vitales, ésas que no salen en las redes sociales. ¿Por qué solo les llamo cuando les necesito? Para ellos tú también eres fondo de armario, se acuerdan de ti, como tú de ellos, para usarte como amigo, buscando un contacto que creen que tienes o un conocimiento, los amigos te creen más sabio que ellos, que puede generar un consejo y, una vez pasado el evento, tú vuelves a su fondo de armario vital. Hoy he decidido buscar a dos amigos sin necesitar ni sus contactos ni sus consejos, por el simple hecho de que son amigos. Hay otros amigos que fueron, que ya no son y que echas de menos, la amistad ha muerto aunque el anteriormente amigo está vivo, de estos amigos prefiero no escribir.

Durante muchos años practiqué deporte con un amigo, estábamos en el mismo equipo, la vida nos llevó a compartir estudios universitarios y a convivir cuatro años de residencias, patronas y pensiones, cuando Bilbao era Bilbao y no un destino de diseño para turistas. Nos divorciamos amistosamente de aquella convivencia pero no de la amistad. Precisamente la convivencia en un piso para terminas nuestros estudios me hizo encontrar otro amigo con el que compartí aficiones artísticas comunes y que intermitentemente ha seguido ahí, siempre en el fondo de nuestros respectivos armarios del pasillo.

Cuando elegí la música para mi funeral laico hace un año, la verdad es que también pensé en que la banda sonora debería agradar a estos dos amigos donostiarras de estudios universitarios, a los que suponía presentándose a mis hijos y nietas « Yo fui amigo de tu pare en tiempos de la universidad, cuando era un perfecto gilipollas que me tocaba las narices con sus chorradas, como…. ».

He vuelto a leer las esquelas de Donostia, mi madre me tenía desinformado de los fallecimientos que se iban produciendo en mi ausencia y que podían afectarme para comunicarme los de gente a los que jamás hubiera dedicado un pensamiento de nostalgia pero desde que salió la esquela de mi madre solo queda mi hermana para cumplir ese trámite de avisar de quien sale en la página más leída del diario y mi hermana es todavía peor que mi madre para notificar los decesos que me pueden conmover.

Es terrible cuando buscas un amigo en internet y te sale su esquela. Hoy he buscado lo de esos dos amigos, me apetecía sacarles del fon del armario sin ningún motivo especial,solo por la amistad. No he encontrado sus esquelas. Ambos siguen vivos ¿Seguís vivos ? Pues pegarme un toque y quedamos. 



sábado, 15 de agosto de 2026

LA SOLEDAD DEL PASTOR


 

- ¿Te acuerdas de aquella vez que pasábamos por aquí con Murray ? - El Barón de la Florida pregunta a su compañero de excursión, un sudoroso Jon Galtzagorri, que está dudando si caerse o no al agua del torrente de montaña que está atravesando -. Cuando confundió a un grupo de marmotas con osos y regresó corriendo hacia nosotros gritando “¡Osos, osos!”

- No veía nada de lejos sin gafas, cada encuentro con animales era una aventura -  Galtzagorri se ha quitado la mochila junto a una roca con la marca roja y blanca del sendero y bebe golosamente de la cantimplora -, otra vez, también confundió un grupo de caballos con cabras montesas…

El Barón de la Florida se pregunta en su interior cómo Galtzagorri resiste al infarto en estos días de calor y se resigna a descansar un buen rato en aquel roquedal de sombras precarias.  Llena la cantimplora, a esta altura no hay ganado desde la surgencia hasta el punto donde ambos se encuentran , e introduce una pastilla que añade sales. Echa de menos al fallecido amigo, líder de las escapadas montañeras y capaz de perderse y perder a cualquiera por los senderos de los Pirineos, de los Picos de Europa o de los Alpes.

- También recuerdo cuando nos tuvimos que refugiar en lo alto de un peñasco rodeados de cientos de vacas y de terneros que querían chuparnos el sudor, faltos de sal… hasta que Murray nos dirigió para atravesar la vacada tratándoles de “madame, s’il vous plait” a las que parecían las jefas del hato y así salimos todos en fila.

- En aquella excursión pasó aquello de que me pidió que llamara a la Guardia Civil porque había una mujer ahorcada en una cabaña de pastor… - El Barón se vuelve a poner en marcha, el collado asoma allá arriba, unas nubes verticales asoman por las cimas, puede que la tormenta estalle, ante de que los dos excursionistas lleguen al refugio -.

- Cómo siempre iba escapado por delante, Murray era el rey de las alertas…

- Y no era un cadáver, sino una muñeca hinchable que el pastor había dejado a secar a la puerta del redil.

- La soledad del pastor es más llevadera con una oveja que con esa muda compañía, pero supongo que aquel muchacho era un moderno o que el dueño de las ovejas no quería que se perjudicase a la oveja más guapa de la cabañera.

Con estas historietas han alcanzado el collado, allí abajo, el refugio junto al ibón les espera con unas cervezas.


lunes, 10 de agosto de 2026

YO SOY MÁS DE ENEAS QUE DE ULISES

 La película de Nolan – que aún no he visto pero pienso ver -, ha resucitado el interés en general por La Odisea pero la desgraciada intervención de Meloni frente a la maniobra criminal del tirano marroquí me ha recordado la Eneida. En mi época de bachiller de letras, leíamos y recitábamos ambas epopeyas en las respectivas clases de griego y latín, con aquellos profesores capaces de hacer aburrido e insoportable cualquier tema, Marturet, Bereciartúa, Gogorza… A veres, recuerdo alguna frase suelta, unos versos que han sobrevivido en un cajón de mis desgastadas neuronas, sobre todo de la Eneida… “Arma virumque cano…” Acabo de encontrar en Philo Magazine que en Atenas una troupe teatral de migrantes hace un espectáculo a partir de La Odisea, yo propondría hacerlo a partir de La Eneida, Eneas es un emigrante auténtico que busca un porvenir para él y su equipo y Ulises es un tipo vengativo, egocéntrico y anclado en su pasado, así que el héroe de Virgilio me cae más simpático que el de Homero, mientras no conozca al de Nolan que me han dicho que es más un veterano de guerra inadaptado que otra cosa.

Con la ayuda Google y la IA me he repasado lo que recuerdo, óperas aparte, de estas  dos figuras icónicas de la literatura mitológica clásica: Ulises (Odiseo) y Eneas.

A primera vista, sus historias parecen similares: tormentas, monstruos, señoras estupendas y hechiceras, dioses iracundos, barcos perdidos en el Mediterráneo... pero que encarnan dos aspectos radicalmente diferentes del peligroso viaje marítimo por el negro mar.

Ulises (Odiseo) el nostálgico astuto o la búsqueda de Nostos (El regreso). Ulises (Odiseo) es el hombre de la memoria. Su principal motivación es el regreso a casa (nostos). Su objetivo: Viaja al pasado. Todo su viaje consiste en redescubrir lo que dejó atrás: su isla (Ítaca), su lecho de madera de olivo, su papel como rey, su esposa Penélope, su hijo Telémaco. Sacrifica sus colegas, a los que manipula tranquilamente, para alcanzar lo que quiere.  Su fortaleza: Metis (astucia). Ulises (Odiseo) sobrevive porque sabe mentir, disfrazarse, manipular, adaptarse y reinventarse para proteger su vida y regresar a casa. Homero no le hace simpático precisamente, lo de Penélope por él resulta incomprensible. 

(Ilustración encontrada por la red, el imposible amor entre Dido y Eneas ha dado mucho juego)


Eneas o la Prueba del Destino (Exilio y Fundación) Eneas, sin embargo, como muchos de mis colegas africanos, ya no tiene un hogar al que regresar. Troya está en ruinas, destruida, no puede volver atrás. Su destino: Marcha hacia lo absolutamente desconocido. Eneas no encontrará un hogar; debe construir uno nuevo en tierras extranjeras (Italia, puerta de Europa). Su carga: Literalmente lleva su pasado a cuestas —su anciano padre Anquises— y sostiene a su joven hijo de la mano, lleva consigo a sus dioses desaparecidos y a sus compañeros de desgracia, a los que lidera y no utiliza más de lo necesario. Su fuerza: La “pietas” (el sentido del deber, la responsabilidad hacia el grupo). Eneas sufre, llora la pérdida de su mundo, pero sigue adelante porque carga con la responsabilidad de un pueblo, sacrifica su felicidad personal (como su amor por Dido) para asegurar el futuro de su pueblo, de su equipo. En resumen, es un buen jefe, un buen patrón, aunque sea noble y predestinado por su sangre. Eneas es la figura trágica y digna del refugiado que se convierte en fundador, no reconstruye Troya exactamente como era, debe integrarse con la gente local para crear algo nuevo (Roma y los romanos). Virgilio se esfuerza por hacerlo simpático, es un buen protagonista de un guion, “salva el gatito”  en las primeras secuencias, durante el criminal incendio de Troya y consiguiente saqueo.

La experiencia de Ulises es ese sentimiento universal de querer reparar lo roto, de redescubrir lo conocido y de vengarse hasta el exceso.

La experiencia de Eneas es la realidad del exilio forzado: tener que establecerse en tierra extranjera, enfrentarse a la hostilidad o la incomprensión de los lugareños y encontrar la fuerza para echar raíces allí.

De Eneas “desciende” Meloni, lo que es una paradoja, de Ulises “desciende” IDA Ayuso lo que es lógico ¿No?


 


jueves, 6 de agosto de 2026

MENTIROSO

Imagen generada por Nano Banana 2


Dicen que a mi edad las viejas amistades  se reencuentran en los funerales solamente, pero a mí el funeral del viernes pasado me sirvió para resucitar un insulto que lleva diez años aquí dentro.

No sé por dónde empezar. Ver brevemente a la hija de X el pasado viernes – un funeral, a mi edad los reencuentros son en funerales -,  me ha recordado esta historia, o historieta más bien. 

Era una comida con un matrimonio de  amigos, no los veía mucho, vivíamos en ciudades próximas pero a unos pocos kilómetros de distancia, sus ocupaciones de abuelos no les dejaban libres los fines de semana y yo no tenía muchas oportunidades de liberarme en días laborables. Así que la comida nos permitió ponernos al día mutuamente de nuestras peripecias. Al finalizar, me hablaron de una amiga común, viuda reciente de un buen amigo, X, me afearon de que, sabiendo sus problemas financieros por la herencia magra del difunto, yo no le llamase ni hiciese nada por ayudarle. No era cierto, les dije, yo había puesto mi esfuerzo y había conseguido que un profesional preparado se encargase de liquidar correctamente el negocio ruinoso que milagrosamente sostenía el muerto – posiblemente arrastrado a la tumba por el esfuerzo sobrehumano de mantener en pie su actividad, pedaleaba a tope en una bicicleta sin cadena, decía -, además yo sabía que ella hablaba mal de mi en círculos comunes, no comprendiendo ni queriendo comprender cuál era la realidad que la enfermedad y muerte le habían revelado, así que tenía que obligarme a mi mismo para velar por unos intereses ajenos y que yo sabía que no me lo iba nadie a agradecer. Por fin, les confesé mi derrota en aquel momento ante el mutismo total de la desolada viuda que no me descolgaba mis llamadas ni atendía los mensajes que yo le dejaba en el contestador automático, buzón de voz, del teléfono móvil.

- Mentiroso – me dijo la sicóloga de la esposa -, ella no tiene contestador en su teléfono.

Jamás olvidaré la injuria. Me dejó herido. Y han pasado diez años o así.

(Los soliloquios de Manu Majors)


miércoles, 29 de julio de 2026

LA PELÏCULA DE ZAPATERO

(Ilustración de Nano Banana 2)


Miércoles caluroso de julio en Bilbao, son las 9 de la mañana, Jon Galtzagorri con una camisa blanca, las mangas recogidas a la altura del codo, una corbata chillona en el bolsillo superior de la camisa, espera tomando un cortado a Manu Majors en el Café Iruña. El abogado bilbaíno llega impecable, traje de verano confeccionado a medida.

- Buenos días, camarada ¿Nos han suspendido ya la vista o hay que esperar a que Su Señoría llegue a sala?

- No me han dicho nada, estoy esperando que la procuradora nos diga algo y aprovecho para leer lo de la zapatera prodigiosa y sus joyas en la prensa local.

- Feo asunto, tan feo como alguna procuradora que yo me sé.

Begoña P. Garmendia, conocida como la cucaracha, procuradora de los tribunales, aparece en ese momento por la puerta del café.

- Que nos la vuelven a señalar y ya nos dirán en septiembre para cuándo -dice la profesional de los recados jurídicos con su desafinada voz matutina- ¿Motivos de la suspensión? Que al juez suplente le parecía muy gordo el asunto pero nos dirán cualquier cosa de defecto de notificaciones o yo qué sé…

Y se va como ha llegado, sin decir nada más, como una blattodea sorprendida por la luz de una cocina en la madrugada.

- Pues se me ha ocurrido un guion de cine – dice Galtzagorri dejando la prensa a un lado – y como tenemos tiempo te lo resumo:  Durante la visita de una delegación comercial china a Euskadi, Jet Chan (alto cargo chino) entrega en depósito unas valiosas joyas al reputado abogado bilbaíno Manu Majors. La operación se gesta en un céntrico restaurante de Bilbao regentado por Leung Li, hombre de rostro amable, gracias a los lazos familiares de la esposa de Majors, Lin Chi-Ling. Sin embargo, el joven y perverso juez Fernando Acedo, que tú conoces, investiga un supuesto fraude en ayudas de la SPRI a una empresa guipuzcoana cliente de Majors y de su socio donostiarra, Jon Galtzagorri. Acedo ordena un registro policial en el despacho de Majors, donde la Ertzaintza, brigada central operativa, halla las joyas en la caja fuerte. Amparándose en el secreto profesional para proteger la vida de Jet Chan, Majors se niega a revelar el origen de las joyas. La prensa destroza la reputación de los abogados. Agentes del gobierno chino y la mafia persiguen las joyas con tiroteos en puntos icónicos de Bilbao y San Sebastián. La magistrada Zulema Agorría, cegada por un viejo resentimiento amoroso con Majors, presiona para su encarcelamiento y expulsión del colegio de abogados. Galtzagorri, fuera de sí y ahogado en alcohol, amenaza públicamente a los jueces con destapar trapos sucios, poniendo en peligro su propio nombre. Cuando la soga aprieta el cuello de los protagonistas, el mafioso Leung Li entra en juego: chantajea al juez Acedo mostrándole una grabación comprometedora de sus orgías clandestinas junto a la jueza Agorría. Simultáneamente, un recadista entrega a Galtzagorri un documento "oficial" desde Hong-Kong con traducción jurada, acreditando que las joyas pertenecen por herencia a la madre de Lin Chi-Ling. Ante la presión del chantaje y la coartada legal impecable, el juez Acedo sobresee la causa y limpia el nombre de los letrados. Celebrando la victoria en el restaurante de Leung Li, Majors le enseña orgulloso a su esposa el documento original en chino que les ha salvado del presidio... Lin Chi-Ling lo mira con una sonrisa irónica y le confiesa la verdad: el ostentoso documento traducido "oficialmente" no es más que la antigua receta imperial del pato laqueado… Y fin de la historia. ¿Qué te parece?

- ¿Tú eres amigo de Zapatero y Sánchez?

- Sabes que ninguno de los dos me parece de fiar desde el principio de los tiempos, pero que se deje gobernar el país por el partido judicial es de ignorantes.

- Pásame a limpio esa idea, que mi mujer conoce a un productor chino de la televisión británica.


viernes, 17 de julio de 2026

LO QUE DICE LA POLICÍA COMO PRUEBA ANTE LOS TRIBUNALES

 1. El atestado como mera denuncia

Históricamente, el punto de partida normativo lo hallamos en la Ley de Enjuiciamiento Criminal que establece con claridad que los atestados redactados y las manifestaciones hechas por los funcionarios de la Policía Judicial “consideraránse como denuncias para los efectos legales”.

Bajo esta premisa y en base a la Constitución, la regla general ha sido que el atestado no es, por sí mismo, prueba de cargo. La actividad policial se incardina en la fase de instrucción o investigación; por tanto, para que los hechos recogidos en el atestado tengan virtualidad probatoria y puedan desvirtuar la presunción de inocencia, deben ser introducidos en el juicio oral mediante la declaración testifical de los agentes firmantes, bajo los principios de inmediación, contradicción y oralidad.

2. La evolución jurisprudencial.

La jurisprudencia del Tribunal Supremo y del Tribunal Constitucional  empezó a diferenciar a partir de 1981  nítidamente entre varios componentes del atestado:

* Hechos de constatación objetiva y percepción directa: Aquellos elementos del atestado que no son meras opiniones, sino realidades verificadas por los agentes (por ejemplo, el resultado de un test de alcoholemia, un croquis de un accidente de tráfico, la aprehensión de droga o fotografías del estado de un lugar).

* Las manifestaciones de terceros: Las declaraciones de testigos o del propio investigado en sede policial siguen manteniendo el valor de mera denuncia o de sospecha, careciendo de valor probatorio por sí mismas si no son ratificadas en el juicio oral.

A partir de esta distinción, la jurisprudencia consolidó que los datos objetivos e irreproducibles contenidos en el atestado pueden adquirir el rango de prueba documental o “prueba pericial institucional”, siempre que se incorporen al juicio mediante su lectura o mediante la ratificación de los agentes, permitiendo, en todo caso, la contradicción de las partes. Pero los tribunales, como hemos advertido en otras publicaciones, se olvidan de que los policías son humanos y tienden a considerarlos “objetivos” siempre, lo que nos parece excesivo.

3. La situación actual en 2026.

Las fuerzas y cuerpos de seguridad (Policía Nacional, Guardia Civil y policías autonómicas/locales) cuentan con unidades altamente especializadas (Policía Científica, Información, Delincuencia Tecnológica, etc.) que no se limitan a constatar hechos, sino que elaboran verdaderos “informes técnicos y periciales” incluso en materias reservadas hasta ahora a los propios jueces de instrucción y que son publicadas de forma inmediata en determinados medios, portavoces acríticos de contenidos siempre reservados a las partes del proceso.

Actualmente, el valor probatorio de estas actuaciones en nuestros tribunales se puede decir que se “estructura”  de este modo:

A) Distinción entre Dictamen Pericial y Atestado Común

El Tribunal Supremo de nuestras españas y de sus componentes españoles y muy españoles distingue entre el contenido ordinario de un atestado y los informes técnicos: cuando la policía actúa en funciones científico-periciales (análisis químicos de sustancias, informes balísticos, análisis informáticos forenses de discos duros o informes dactiloscópicos), estas actuaciones no son meras "denuncias" sino “auténticas pruebas periciales”. Efectivamente, pruebas periciales, que se basan en la suposición de que quienes las elaboran, las redactan y las firman son expertos objetivos en la materia en cuestión… y que no tienen un sesgo previo en favor o en contra de las partes.

B) La dispensa de ratificación en el procedimiento abreviado:

 Los informes emitidos por laboratorios oficiales u organismos públicos sobre la naturaleza o cantidad de sustancias estupefacientes, alcohol en sangre, etc., tendrán el valor de “prueba pericial documental”, y no será obligatoria la comparecencia de los peritos en el juicio oral, salvo que el tribunal juzgador lo considere necesario o que alguna de las partes lo solicite de manera fundada motivando la necesidad de su tacha o contradicción.

C) ¿Pueden los jueces fundamentar sentencias exclusivamente en informes policiales?

Un tribunal solo puede legalmente fundamentar una sentencia condenatoria en un informe policial si este reúne los requisitos de una prueba pericial o documental legítima:

1. Que el informe verse sobre materias que exijan conocimientos científicos o técnicos especiales, por tanto que quienes lo hayan elaborado, dado forma y firmado sean verdaderamente expertos en la materia del informe.

2. Que se haya garantizado el derecho de defensa (permitiendo a la defensa impugnar el informe en todos sus elementos subjetivos y objetivos, proponer contrapericiales de expertos en las mismas materiaso solicitar la citación de todos los agentes intervinientes al juicio para ser interrogados).

Por lo demás, los hechos aportados como tales hechos por los policías (p. ej.: una transferencia bancaria entre dos cuentas) en sus informes requieren que el tribunal los examine con la misma objetividad crítica que los demás testimonios, no son hechos fehacientes de por sí. Pero quizá la valoración crítica sea pedir mucho a nuestros tribunales desbordados y sometidos a jornadas laborales fuera de lo común.

(Elaborado con ayuda de la IA que me ha hecho la ilustración también)