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jueves, 28 de noviembre de 2024

THÉÂTRE ET RADEAU DE FORTUNE


Credit photo: André Lemaître


Jean Luc Bansard a été le seul Mayennais à avoir répondu à ma demande de faire du théâtre à Laval, où j'étais arrivé avec mon épouse en novembre 2022.

Je l'ai rencontré à la fin d'une représentation dominicale de LA RÉPUBLIQUE DES ENFANTS DU DR KORCZAK et le lendemain j'avais les clés de sa vie, de son théâtre, le Théâtre du Tiroir des Affabulations, 8, rue Jean Maçé, Laval (Voir note).

Jean Luc Bansard (73) est hyperactif, c'est difficile d'être professeur sans donner du repos à l'esprit mais je pense que c'est un grand professeur de théâtre et de vie. J'appelle son théâtre un théâtre-radeau car, tel un de ces navires de fortune sur lesquels les migrants risquent leur vie, ce théâtre est ouvert à tous ceux qui arrivent en France, autrefois terre d'asile. Nous sommes des gens venus de Colombie,  Guinée, Iran, Comores, Arménie, Mayotte, Afghanistan, Congo, Burkina-Fasso, Cameroun, Sénégal, Eritrée… et même un basque.

J'ai collaboré avec lui, en tant que comédien, à un premier spectacle LA CHANDELLE VERTE sur des textes d'Alfred Jarry et Alphonse Allais, un spectacle musical avec orchestre et chœur que nous avons présenté en extérieur sur différentes scènes et lieux en Mayenne au cours de l'année 2023, à l'occasion du 150e anniversaire de la naissance d'Alfred Jarry à Laval.

Ensuite, nous avons reçu FERNANDO ARRABAL avec l'aide de l'acteur OSCAR MARTIN un dimanche qui est resté gravé dans ma mémoire, nous lui avons fait une lecture de ses textes - j'ai même traduit un sonnet en basque -, et le poète nous a donné un discours pataphysique et indépassable.

Parallèlement, en 2023, il m'a laissé lui prêter main-forte pour préparer une version d'UBU ROI d'Alfred Jarry que Jean Luc a transposée à l'Afrique d'aujourd'hui. UBU EN AFRIQUE est interprétée par les habitants de ce radeau de fortune, des sans-papiers qui se prétendent citoyens de France et d'Europe et aujourd'hui, fin 2024, elle continue d'être jouée dans une tournée sans fin.

Cette année 2024, je me suis consacré davantage à la rédaction de communiqués de presse et de quelques textes d'appui à la communication du Théâtre, ainsi que dans la réception des artistes qui viennent jouer sur ce plateau mais j'ai aussi un peu contribué à la mise en scène de LE PROCÈS DE MARIE-JOSIANE TIQUAO, un spectacle de protestation contre la maltraitance faite aux femmes et qui est représenté dans une petite tournée.

L'organisation de « LES MERCREDIS POUR LA PAIX » à partir du 7 octobre 2023, ainsi que les actions publiques hebdomadaires, LECTURES DES LETTRES DE GAZA, ont occupé le temps de Jean Luc et son activité théâtrale s'est réduite à des spectacles bien rodés, LA RÉPUBLIQUE DES ENFANTS DU DOCTEUR KORCZAK, principalement dédié aux écoles, et sa version singulière du MALADE IMAGINAIRE de Molière en collaboration avec JULIA HENNINGS, actrice et enseignante brésilienne, qui touche également un public jeune. Cette dernière fait un solo en scène dans VIENDRA LE TEMPS DU FEU pièce écologiste produite dans le théâtre. Cette réduction m'empêche peut-être de monter sur scène, mais j'apprends continuellement auprès de ce professeur d'autres aspects du monde du théâtre professionnel : par exemple, de temps en temps, Jean Luc joue le malade dans des formations de simulation en soins de santé, qui sont improvisations pour l'IFAS, un Institut de Formation d'Assistant Clinique et m'emmène, me permettant de me préparer au théâtre d'improvisation à Laval.

Ce fou projet théâtrale de Jean-Luc Bansard est né en 1987 pour une pratique d'éducation libératrice dont la proposition d'action sociale est liée aux réalités où elle prend naissance, fait appel à une véritable participation et transfigure les actions scéniques et pédagogiques en expériences d'apprentissage. Son Théâtre du Tiroir a pour vocation de provoquer des émotions, de favoriser la réflexion et de faire vivre une expérience au public.

On peut dire qu’il est un emmerdeur, je suppose que les autorités publiques des administrations doivent le haïr pour sa présence dans toutes les revendications et manifestations avec un groupe de vieux enfants gauchistes nostalgiques de 68.

Comment conserve-t-il son énergie 24h/24 ? Eh bien, il peut vous envoyer un message à 22 heures et un autre à 4 heures du matin et tout cela sans connaître de jour de repos. Peut-être que la médecine ayurvédique et sa vie stoïque, pleine d'une éthique d'engagement envers les misérables de tous les pays, sont une petite partie de l'explication, je ne sais pas.

En résumé, je pense que ces 3 années de mes 73 à 76 dans cette partie reculée du monde – où Panoramix a perdu le chaudron – me sont très utiles.

Merci Jean-Luc.

Note.- Maçé est l'ancienne forme de mon nom de famille paternel. Le père de mon arrière-arrière-grand-père l'écrivait ainsi. C'était un signe pour moi. Une façon de retourner au Pays de la Loire dont mon arrière-grand-père est parti pour mourir à Donostia.

jueves, 24 de octubre de 2024

TERRORISTAS


- Alce Negro, Caballo Loco, Cochise, Cuchillo Sin Filo, Gerónimo, Pontiac, Lluvia en la cara, Mangas Coloradas, Naiche, Nube Roja, Toro Sentado, Caldero Negro, Victorio, Gran Pie…

- ¿Qué dices ? - El Barón de la Florida le pregunta a Jon Galtzagorri que lee el periódico sentado en la terraza con vistas a la Zurriola - ¿Hay una lista de jefes indios en la prensa derechosa regional ?

- Más bien estoy recordando mis lecturas adolescentes, cuando dejé enterrado mi corazón en Rodilla Herida – responde el abogado donostiarra, cerrando el periódico -, y me quedé enganchado a la inútil lucha de los « americanos » frente a los invasores europeos, esas guerras perdidas desde el primer momento.

- ¿Cuándo el Hermano Garín te sacó del cine del colegio por insultar a la caballería o a Taza, el hijo renegado de Cochise en plena proyección de un western ? ¿Eso será una bonita mentira de las tuyas ?

- Empecé a simpatizar con los indios cuando aún no había hecho la primera comunión preceptiva. Me fastidiaba que fueran los « malos », cuando era evidente que eran los « chicos buenos de la película ».

- Lo que pasa es que los pintaban como salvajes que mataban mujeres, niños, torturaban a los prisioneros, cortaban las cabelleras…

- Como pintan los medios desde 1947 a los palestinos, la banda de Gerónimo era tan terrorista como es Hamás hoy, y gestos tan desesperados como el ataque del 7 de octubre del año pasado son equivalentes a un Little Big Horn de los lakotas de Sitting Bull, gestos que solo conducen al exterminio de los resistentes, de los terroristas, de las mujeres, de los niños.

- La ley de Dios : la uña de un israelita vale más que la vida de 20 árabes, que dijo el rabino.

- ¿Te estás tú también volviendo antisemita ?

- No creo, no merece la pena. La paz es imposible en Tierras tan Santas, y lo que es imposible, además de imposible, pues no puede ser. Así que tomaré un martini contigo, si invitas.

- Por Manitú, el único dios verdadero, claro que invito.


 

lunes, 23 de septiembre de 2024

ZINEMALDIA

 


- La sesión matinal sigue siendo la buena -dice el Barón de la Florida caminando por el paseo a la orilla del río, observando cómo el agua del mar retorna hacia la embocadura -, aunque la película sea un poco bodrio…

- Hay que dar una oportunidad a las nuevas directoras y... a los nuevos directores, que se cuelan en el cupo femenino – comenta Galtzagorri encendiendo un perfumado y pequeño cigarro mientras se ajusta la boina para que las cuatro gotas de lluvia la laven un poco -, no es una película que te pueda gustar a ti, no hay « Hostias como panes » ni acrobacias en helicópteros sobre el Kilimanjaro.

- Me hubiera conformado con el Txindoki.

- ¿Los lunes hay ostras de aperitivo en el Kata ?

- Podemos ir al Tánger, ya que cierran a fin de mes.

- Yo creía que ya había cerrado hace tiempo, es uno de esos bares « zombi », no saben que están muertos hasta que el periódico lo dice. Vamos al Oquendo o al Kata, tú eliges.

- Hacemos el recorrido del KO, vamos al Kata primero y luego al Oquendo pero… ¡Rápido ! Que por ahí atrás viene la responsable local de Hamás y nos va a dar la turrada.

- Se acerca el 7 de octubre y están preparando el aniversario, supongo.

Entre affiches enormes y pequeños grupos de seguidores de Johnny Depp, el Barón arrastra a Galtzagorri hasta el interior de un bar.

- Los palestinos tienen mis simpatías como las que tenían los apaches en los westerns pero los apoyos que tienen entre nosotros me ponen la piel de gallina desplumada.

- Los apoyos que tienen los sionistas también son de echarse a temblar, partidarios de la solución argentina para el problema de los autóctonos de tierras santas, un exterminio masivo y ni siquiera tienes que dejarles unas reservas y unos derechos como los norteamericanos.

- Con las bayonetas se puede hacer de todo menos sentarse sobre ellas y eso sirve para los emperadores y para los estados. El estado de Israel se parió a bayonetazos, se mantiene a bayonetazos y nunca dejará de ser un motivo de bayonetazos.

- Una teocracia que es presentada como la única democracia de oriente medio.

El camarero les escucha con aire inteligente en su penetrante mirada y les dice  desde detrás de la barra:

- Hoy veo que tenéis temas más serios que la jornada de rugby de ayer. Y alguna pregunta de difícil respuesta.

- Sí ¿Hay ostras frescas hoy ?

 


domingo, 12 de noviembre de 2023

À ENVIRON 4 500 KILOMÈTRES

 


- Je m’attendais qu'aujourd'hui nous aurions du chat à manger - dit Galtzagorri lorsqu'il arrive à la société gastronomique (1) et voit le baron de Floride tourner la marmite de soupe sur le feu -, en solidarité avec les très foutus Palestiniens ou quelque chose comme ça.

- Je pense qu'il n'y aura plus de chats, ni de chiens, ni même de rats à Gaza - dit le baron de Floride qui a nettoyé les coquilles Saint-Jacques et les a laissées de côté pendant qu'il finit de braiser les endives dans une grande poêle sur un autre feu -, quand tu vives enfermé dans une réserve sur une terre pauvre, sous la terreur des forces armées d'occupation qui peuvent vous tuer en toute impunité chaque nuit et abattre les quatre murs que vous avez construits, sans présent, sans avenir et avec un passé de peur et haine... tout est nourriture, vous n'allez pas donner à vos bourreaux le plaisir de vous laisser mourir.

- Mais ce qu’a fait le Hamas est suicidaire - le marquis d'Altamira ouvre quelques bouteilles de Roa del Duero rouge -, ils savaient que toute action militaire contre les colons et les régiments des troupes israéliennes provoquerait une réponse disproportionnée de cette machine à tuer. cette armée qui a ses racines dans un terrorisme beaucoup plus ancien que le sien et béni par toute civilisation judéo-chrétienne occidentale qui ne considère le terrorisme que comme ce que« les autres » font - il montre avec mépris la porte d'entrée -, et dommages collatéraux ce que «  les nôtres ». » font - il prend un couteau à découper et le brandit vers la même porte -.

- La Palestine est à environ 4 500 kilomètres plus ou moins de ce lieu de péché et de tous les vices - intervient d'une voix rauque et tendue Aristide Labarthe qui s'est servi un verre d'eau pétillante -. En France, il existe la troisième plus grande communauté juive de la planète Terre, environ 600 000 personnes, et une communauté musulmane d'environ 6 000 000 de citoyens. Le pouvoir politique et social est resté silencieux jusqu'à présent sur ce qui se passait avec les Palestiniens confinés dans les réserves qu'Israël leur a laissées - il rote un peu avec la main devant la bouche -, et ces élites n'ont fait que réagir aux attaques terroristes du Hamas. le 7 octobre pour soutenir Israël et faire preuve de compréhension face à l'attaque de l'armée régulière israélienne contre le Hamas dans la réserve civile surpeuplée de Gaza.

- Ils sont également en colère contre l'antisémitisme qui se répand en France - Hiruntchiverry regarde la couleur du vin et le sent - mais au lieu d'investir dans les cités pour qu'il y ait une vie commerciale, des parcs et des installations sportives décents, des écoles qui fonctionnent, des bâtiments publics adéquats, des services publics, on gaspille l'argent public en donnant des armes à une police mal élevée pour que les jeunes des cités se taillent un avenir de "dealers" ou de "djihadistes" et ne jamais atteindre l'âge adulte.

- « Spare the rod, spoil the child » ou comme on dit en espagnol (2) « La letra con sangre entra », la tradition est de que la punition est nécessaire pour éduquer – Galtzagorri sert la soupe de légumes fumante – alors, à coups de canne jusqu'à ce que nous les rendions libres, égaux et fraternels, et s'ils ne comprennent pas, nous leur envoyons un peu de napalm comme à leurs frères palestiniens... Le fait est qu’ils ne le savent pas, soit ils se font les citoyens européens soit ils sont morts, il n'y a pas d'autres options.

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(1) société gastronomique : à Donostia – San Sebastián c’est habituel d’être membre d’un des clubs gastronomiques qu’on appelle « sociedad gastronómica » o « sociedad », ces clubs sont masculins par tradition mais les femmes peuvent participer. Les groupes d’amis « cuadrillas » se réunissent là chaque semaine pour faire la cuisine et manger ou dîner ensemble pendant qu’on parle de tout.


(2) ce groupe basque de copains de deux rives de la Bidassoa parle habituellement en espagnol mais ils passent au basque ou au français sans problèmes.



jueves, 9 de noviembre de 2023

A 4.500 KILÓMETROS



- Yo esperaba que hoy tuviéramos gato para comer – dice Galtzagorri al llegar a la sociedad y ver al Barón de la Florida dando vueltas a la olla de sopa sobre el fuego -, en solidaridad con los muy jodidos palestinos o algo así.

- Creo que ya no quedarán gatos ni perros ni siquiera ratas en Gaza – dice el Barón de la Florida que ha limpiado las vieiras y las ha dejado aparte mientras acaba de brasear las endivias en una gran sartén en otro fuego -, cuando se vive confinado en una reserva sobre una tierra pobre, bajo el terror de las fuerzas armadas de ocupación que cualquier noche te pueden matar impunemente y derribar las cuatro paredes que levantaste, sin un presente, sin un futuro y con un pasado de miedo y odio… todo es alimento, no les vas a dar el gusto a tus torturadores de morirte.

- Pero lo de Hamás es suicida – el Marqués de Altamira está abriendo un par de botellas de tinto de Roa del Duero -, sabían que cualquier acción militar contra los colonos y los regimientos de las tropas de Israel iba a a provocar una respuesta desproporcionada de esa máquina de matar que es su ejército  que tiene sus raíces en un terrorismo mucho más viejo que el suyo y bendecido por toda civilización judeocristiana occidental que solo considera terrorismo lo que hacen « los otros » -señala despectivamente hacia la puerta de entrada -, y daños colaterales lo que hacen « los nuestros » - coge un cuchillo de trinchar y lo blande hacia la misma puerta -.

- Palestina está a unos 4.500 kilómetros de distancia más o menos de este local de pecado y todos los vicios – interviene con una voz gangosa y crispada Aristide Labarthe que se ha servido un vaso de agua con gas -. En Francia hay la tercera comunidad judía más numerosa del planeta tierra, unos 600.000, y una comunidad musulmana de unos 6.000.000 de ciudadanos. El poder político y social ha callado hasta ahora sobre lo que estaba pasando con los palestinos confinados en las reservas que Israel les dejaba – eructa un poco con la mano delante de la boca -, y esas elites solo han reaccionado ante el ataque terrorista de Hamás del 7 de octubre para apoyar a Israel y mostrar una actitud comprensiva ante el ataque del ejército regular israelí contra Hamás en la reserva superpoblada de civiles de Gaza.

- También están cabreados por el antisemitismo que se expande por Francia – Hiruntchiverry observa el color del vino y lo huele -, pero en vez de invertir en los barrios marginales para que haya vida comercial, hayan parques e instalaciones deportivas dignas, las escuelas funcionen, los edificios públicos sean adecuados, haya servicios públicos, solo despilfarramos dinero público en dotar de armas a una policía maleducada para que los jóvenes de las « cités » puedan labrarse un futuro como « dealers » o « yihadistas » y no lleguen a cumplir la mayoría de edad.

- « La letra con sangre entra » es lo tradicional – Galtzagorri está sirviendo la humeante sopa de verduras -, y a hostias hasta convertirlos en libres, iguales y fraternales, y si no entienden, les mandamos un poco de napalm como a sus hermanos palestinos… es que no se enteran o ciudadanos europeos de pro o muertos, no hay más opciones.