martes, 21 de abril de 2026

LA PEAU DE CATHERINE

 Dans le confinement j'ai écrit un texte: Brève rencontre qu'aujourd'hui j'ai converti en scénario avec aide de l'IA  pour sa présentation:

PERSONNAGES 

ARISTIDE (60 ans) : Silhouette svelte pour un exrugbyman, allure d’intellectuel un peu flottant. Porte un masque chirurgical bleu vif.

LA FEMME (50 ans) : Sportive, élégante, un tempérament de feu.

LES CLIENTS : Une file d’attente stoïque devant une boulangerie.

SÉQUENCE 1. EXT. RUE DE LA ROQUETTE / BASTILLE - JOUR

Le ciel de mai est d’un gris perle, presque blanc. ARISTIDE marche d’un pas régulier. On n'entend que le bruit de ses semelles sur le pavé et, en voix off, le timbre de sa pensée, articulé et mélancolique.

ARISTIDE (V.O.)

« À la Bastille, on n'aime pas... les chiens. » Non, ce n’est pas ça. Bruant chantait « Nini peau d’chien . Drôle de coïncidence. Mes mains, saturées de l'hydrogel du ministère, ont cette douceur suspecte, cette texture de soie qui ne m’appartient pas. Une douceur de peau de femme.

Il s’arrête, regarde ses mains, les frotte l'une contre l'autre.

ARISTIDE (V.O.)

Une peau de Parisienne. Une peau de Catherine. Ce nom est un refrain qui ne me quitte plus depuis quarante ans. Catherine, la nièce du chef basque... le caniche ridicule qu'elle promenait entre deux mêlées de rugby sur le sable mouillé. 

Il soupire. Son masque bleu jure avec la grisaille ambiante.

ARISTIDE (V.O.)

Tout est fermé. Le vide a un parfum de nostalgie et de désinfectant. Où trouver un sandwich ? La faim me ramène au présent, mais mon esprit reste sur la Côte Basque, en 1980.

SÉQUENCE 2. EXT. QUAI DE LA RAPÉE / RIVE DROITE - JOUR

Aristide longe la Seine. Il semble chercher une enseigne ouverte.

ARISTIDE (V.O.)

Elle est partie vers un amour « plus fort » à Paris. La trahison a toujours eu pour moi l'odeur du sel et le grain de sa peau blanche, parsemée de duvet blond. Une image fixe. Un arrêt sur image de quarante ans.

Il aperçoit une file d'attente devant une boulangerie. Il s'approche.

SÉQUENCE 3. EXT. DEVANT UNE BOULANGERIE - JOUR

Aristide prend place dans la file, respectant les distances de sécurité. Soudain, deux mains surgissent de l’arrière et se posent sur ses yeux.

UNE VOIX DE FEMME (Enjouée)

Devine qui c'est ?

Aristide se fige, la mélodie des « Lacs du Connemara » de Michel Sardou explose sauvagement, balayant le silence du confinement dans une radio quelque part.

ARISTIDE (Le souffle court)

Catherine !

LA FEMME

Quoi ?

Aristide se retourne. Avant qu'il ne puisse faire la mise au point avec ses lunettes, une main part comme un ressort. SLAP ! Une gifle monumentale de la main gauche. Le masque d'Aristide saute de son oreille droite pour pendre lamentablement à son oreille gauche.

LA FEMME (Furieuse)

Con ! Je suis Amélie !

ARISTIDE (Bégayant, réajustant son masque)

Amélie ! Je... Pardonne-moi, la buée sur mes verres, l'odeur du gel, ce souvenir qui me hantait...

LA FEMME (S’approchant, menaçante)

Catherine ? Encore cette Catherine de Biarritz ? Après toutes ces années ? Tu n'as donc aucune mémoire du présent, Aristide ?

Elle fait un pas de côté, un mouvement vif. Elle est grande, athlétique, intimidante. 

ARISTIDE (Un sourire)

Mais Amélie... mon élève préférée ! La championne de France ! Quelle vitalité... Tu n'as pas changé, tu as gardé cette détente... athlétique.

Dans la file d'attente, les clients tournent la tête. Aristide regarde la file, puis Amélie.

ARISTIDE

Comment vas-tu ? Malgré... malgré la gifle ?

LA FEMME (Croisant les bras)

Mieux que ton souvenir de Catherine, visiblement.


FADE OUT.


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